Lorsqu’un panneau solaire ne produit plus ou produit moins, la première difficulté est d’identifier d’où vient réellement le problème.
Dans la majorité des cas, l’anomalie ne provient pas du module lui-même, mais de l’environnement électrique, de l’onduleur, ou de sa saleté.
Ce guide vous aide à reconnaître les 10 causes les plus courantes d’une panne de panneau solaire, et les solutions adaptées.
Les informations à retenir :
Avant d’envisager une réparation, il est essentiel de comprendre d’où vient réellement la panne. Voici les points clés à retenir pour identifier rapidement l’origine d’une baisse ou d’un arrêt de production photovoltaïque.
La panne vient rarement du panneau lui-même
Dans la majorité des cas, la baisse ou l’arrêt de production est lié à l’onduleur, au câblage, à l’environnement électrique ou à un défaut externe, et non au module photovoltaïque.L’onduleur est la première cause d’arrêt de production
Voyants rouges, messages d’erreur ou arrêt total signalent souvent une mise en sécurité, une surchauffe, une surtension ou le vieillissement de l’appareil.Des causes simples peuvent fortement impacter le rendement
Encrassement, ombrage partiel, connecteurs mal enclenchés ou mauvaise ventilation suffisent à provoquer une chute significative de production, parfois progressive.Un diagnostic simple permet déjà d’orienter la recherche de panne
Vérifier l’onduleur, comparer la production habituelle et observer l’état des panneaux et du câblage permet souvent d’identifier rapidement l’origine du problème.
Les pannes d’onduleur, première cause d’arrêt de production
L’onduleur est le cœur de l’installation photovoltaïque. C’est lui qui transforme le courant produit par les panneaux en électricité utilisable. Lorsqu’une installation s’arrête, c’est très souvent lui qui est en cause.
Un voyant rouge, un symbole d’erreur, un code affiché, une absence d’allumage… tous ces signes indiquent que l’onduleur s’est mis en sécurité ou a subi un défaut. Cela peut être un simple problème de connectique, une surtension, un vieillissement des composants internes ou un défaut réseau.
Les situations les plus fréquentes sont :
une connectique mal serrée
un câble DC ou AC débranché
une surtension qui provoque une mise de sécurité
un local trop chaud qui empêche l’onduleur de fonctionner
un défaut interne dû à l’usure normale
- un problème de tension ou de fréquence du réseau
Solution : Un professionnel doit vérifier les connectiques, la tension du réseau, les valeurs d’isolement et le refroidissement de l’appareil. En cas de panne interne, la garantie constructeur prend généralement le relais.
Les pannes sur les coffrets AC ou DC
Les coffrets électriques AC et DC assurent la protection et la sécurité de l’installation photovoltaïque. Une panne à ce niveau peut entraîner une coupure partielle ou totale de la production, parfois sans signe visible immédiat sur les panneaux. Les causes les plus courantes sont un disjoncteur déclenché, un fusible grillé, un parafoudre en fin de vie, un bornier desserré ou une infiltration d’humidité dans le coffret. Avec le temps, les variations de température et les vibrations peuvent également provoquer un mauvais contact électrique.
Solution : Un professionnel contrôle l’état des protections, le serrage des connexions, la continuité électrique et l’étanchéité du coffret. Les composants défectueux sont remplacés et les réglages remis en conformité afin de garantir la sécurité et la stabilité de l’installation.
Les panneaux solaires encrassés
Un panneau solaire propre capte mieux la lumière. Avec le temps, la poussière, le pollen, la pollution, le sable, les feuilles et les fientes d’oiseaux peuvent s’accumuler et former un voile qui réduit sensiblement la production. Dans certaines régions, cette perte peut atteindre 20 à 25 %.
Un encrassement important ne provoque pas forcément un arrêt complet, mais il suffit parfois d’une légère couche de saleté pour créer une chute visible de rendement.
Solution : Un nettoyage simple, réalisé tôt le matin à l’eau claire, suffit souvent. Si les panneaux ne sont pas accessibles depuis le sol, mieux vaut contacter un professionnel pour éviter tout risque de chute ou de détérioration.
Les ombrages, même partiels
Contrairement à ce que beaucoup pensent, une petite zone d’ombre peut impacter 1/3 ; 2/3 ou l’intégralité du module, voire toute une série de panneaux si l’installation est en string.
Cela peut venir d’un arbre qui a poussé, d’une antenne, d’une cheminée, d’un bâtiment voisin ou même d’un simple dépôt de feuilles.
L’ombre peut également évoluer au fil de l’année : un panneau parfaitement ensoleillé en été peut être partiellement couvert en hiver.
Solution : Élaguer la végétation, repositionner un élément gênant ou installer des optimiseurs pour limiter l’impact de l’ombre sur la chaîne photovoltaïque. Il est aussi envisageable de réaliser une installation en micro onduleur plutôt qu’en onduleur central s’il s’agit d’une petite installation et que l’on ne peut pas déplacer l’élélment occultant comme une cheminée par exemple.
Les microfissures et les hotspots
Certaines pannes de panneaux solaires sont difficiles à détecter à l’œil nu. Les microfissures peuvent apparaître à la suite d’un choc, d’une grêle violente, d’un transport mal géré ou d’une mauvaise manipulation lors de l’installation. Elles peuvent évoluer avec le temps et provoquer ce qu’on appelle des hotspots, c’est-à-dire des zones de surchauffe qui réduisent fortement la production.
Un panneau peut fonctionner parfaitement pendant un an, puis voir son rendement chuter progressivement à cause de l’évolution d’une fissure.
Solution : Une thermographie ou un contrôle par un professionnel permet d’identifier ces défauts. Dans la plupart des cas, le panneau doit être remplacé.
Les infiltrations d’humidité et les défauts d’étanchéité
Un panneau solaire est conçu pour résister aux intempéries, mais il n’est pas totalement à l’abri d’une infiltration.
Une impression de voile persistante derrière le verre, des coins jaunis, un aspect blanchi ou des « snail trails » (littéralement traces d’escargots) sont des signes qu’une humidité interne s’est installée, due aux microfissures.
Avec le temps, l’eau peut atteindre les cellules et dégrader leur fonctionnement.
Solution : Le module doit être diagnostiqué et remplacé. Une infiltration interne n’est pas réparable
Défaut interne dans la boîte de jonction du panneau
Même si cela reste rare, un panneau solaire peut rencontrer un problème interne au niveau de la petite boîte située à l’arrière du module. C’est elle qui gère la circulation du courant et de la tension lorsque le panneau est partiellement ombragé ou qu’une zone produit moins.
Avec le temps, ou à la suite d’un choc ou d’un échauffement, l’un des composants internes peut se détériorer. Le panneau continue alors à fonctionner, mais sa production baisse de manière irrégulière. Dans certains cas, une zone spécifique du module peut chauffer davantage, ce qui entraîne une perte d’efficacité et peut accélérer le vieillissement du panneau.
Ce type de défaut est difficile à identifier à l’œil nu, car le panneau semble souvent intact. C’est en observant une baisse anormale de performance, ou lors d’un contrôle technique, que le problème est généralement détecté.
Solution : Un diagnostiqueur équipé (souvent via un contrôle thermique ou électrique) peut confirmer l’origine du défaut. Lorsque la boîte de jonction est endommagée, le panneau doit généralement être remplacé ou on effectue le remplacement des des diodes de bypass à l’intérieur du boitier.
Les câbles et connecteurs MC4 mal enclenchés
Un simple connecteur MC4 mal clipsé peut provoquer une coupure totale. C’est l’une des pannes les plus simples mais aussi l’une des plus dangereuses, car un mauvais contact peut entraîner un échauffement, un défaut d’isolement ou un arc électrique. Les câbles peuvent également être dégradés par les UV, pincés trop fortement, détériorés par des animaux ou mal fixés.
Solution : Le technicien vérifie chaque jonction, remplace les connecteurs défectueux et sécurise les câbles pour éviter toute nouvelle détérioration.
Les défauts de mise à la terre ou d’isolement
Une mauvaise mise à la terre peut provoquer des arrêts répétés de l’onduleur, des défauts d’isolement qui entrainent une disjonction de l’interrupteur diférentiel (30 ou 300 mA), ou une production instable. C’est un problème typiquement rencontré sur les installations anciennes ou mal réalisées.
Solution : Un électricien contrôle la valeur ohmique de terre et remet l’installation aux normes.
La surchauffe des panneaux en été
Les panneaux solaires ont besoin d’une circulation d’air sous les modules pour rester efficaces. Lorsqu’ils sont trop collés au toit ou mal ventilés, leur température monte trop haut. Plus ils chauffent, moins ils produisent.
Cela ne provoque pas une panne brutale mais une perte significative de performance.
Solution : Vérifier l’espace entre les panneaux et la toiture, améliorer la ventilation ou repositionner les modules si nécessaire.
Les conditions extrêmes
Même si les panneaux solaires sont conçus pour résister aux intempéries, certaines situations exceptionnelles peuvent provoquer une panne ou une perte de performance. Il s’agit de cas rares, mais bien réels, qui surviennent à la suite d’événements inhabituels ou particulièrement violents.
Ces conditions extrêmes peuvent prendre plusieurs formes :
- une neige trop épaisse qui recouvre l’entiereté d’un panneau bloue le soleil et empèche ces cellules de produire de l’électricité.
une grêle hors norme, plus grosse que la taille prévue par les certifications,
un coup de vent très violent qui soulève une partie de la toiture ou déplace les fixations,
un objet projeté sur le champ solaire (branche d’arbre, élément de charpente, tuile),
un épisode de canicule exceptionnelle provoquant une surchauffe locale,
une tempête de sable ou un dépôt massif de particules qui étouffe momentanément la production.
Dans ces situations, les panneaux peuvent être fissurés, déplacés, partiellement arrachés ou simplement recouverts d’une couche opaque qui bloque totalement la lumière. Ces événements ne sont pas courants, mais ils expliquent parfois une panne brutale, survenue alors que tout fonctionnait parfaitement la veille.
Solution : Un contrôle technique est indispensable pour évaluer l’état des modules, des rails de fixation et du câblage. Si un panneau est endommagé, il doit être remplacé. L’assurance habitation couvre en général ce type de dommages lorsqu’ils sont liés à un événement météorologique exceptionnel.
Comment diagnostiquer une panne photovoltaïque rapidement ?
Un diagnostic simple permet souvent de comprendre l’origine d’une panne photovoltaïque. En suivant quelques étapes de base, il est possible d’identifier la majorité des problèmes sans matériel spécifique.
Vérifier l’onduleur et ses voyants
L’onduleur est toujours le premier élément à inspecter. Il suffit d’observer s’il est allumé, si un voyant rouge apparaît ou si un message d’erreur est affiché. Un code ou une tension anormale révèle souvent un défaut de réseau, un problème de connectique ou une mise en sécurité.
Cette simple vérification donne déjà une indication claire de la nature du problème.
Comparer la production actuelle avec la production habituelle à la même période
Un rapide coup d’œil à l’application de suivi permet de voir si la production du jour est cohérente.
Une chute brutale signale une panne franche ; une baisse progressive évoque plutôt un encrassement ou un ombrage. Comparer un jour à un autre, à météo équivalente, aide à déterminer si la baisse est ponctuelle ou durable.
Observer l’état des panneaux solaires
Une inspection visuelle peut révéler des anomalies simples : un panneau partiellement couvert, un dépôt de saleté, une ombre nouvelle ou un élément déplacé. Des traces, un impact ou un panneau légèrement soulevé peuvent aussi expliquer une baisse soudaine. Cette étape permet souvent d’écarter rapidement les causes les plus courantes.
Examiner les câbles et les éléments visibles
Sans rien toucher, il est possible de repérer un câble détendu, un connecteur mal positionné ou une gaine abîmée. Un défaut de câblage peut couper entièrement une chaîne de panneaux ou provoquer une production instable. Même si l’on ne manipule rien, cette observation aide à orienter le diagnostic.
Comment éviter les pannes de panneaux solaires ?
La fiabilité d’une installation photovoltaïque ne dépend pas seulement des panneaux ou de l’onduleur. Elle repose surtout sur la manière dont l’ensemble du système a été pensé, installé et suivi dans le temps. Avant même qu’une panne n’apparaisse, plusieurs facteurs peuvent faire une vraie différence dans la durée de vie et la performance du matériel.
Une installation conçue correctement dès le départ
La plupart des pannes évitables trouvent leur origine dans la conception initiale : un dimensionnement approximatif, un mauvais choix d’onduleur, une orientation mal ajustée ou un câblage sous-dimensionné. Une installation bien pensée dès le départ vieillit mieux et demande moins d’interventions. C’est un investissement qui réduit naturellement les risques de pannes futures.
Des matériaux et composants de qualité adaptée
La qualité des fixations, des rails, des connecteurs et des câbles joue un rôle essentiel dans la fiabilité d’un système. Un panneau peut être excellent mais perdre son efficacité si ses connectiques s’oxydent ou si son câblage vieillit mal. Choisir du matériel certifié et durable limite fortement les défaillances à long terme.
Un environnement favorable au vieillissement du matériel
Le comportement d’une installation dépend aussi de son environnement : exposition au vent, humidité, pollution, sel marin, poussière, variations thermiques. Dans certaines régions, ces contraintes peuvent accélérer l’usure. Adapter l’installation au contexte local, en choisissant par exemple des matériaux renforcés ou un emplacement mieux ventilé, permet de prévenir des défaillances prématurées.
Un onduleur placé dans de bonnes conditions
L’onduleur fonctionne mieux lorsqu’il reste dans un lieu stable, protégé et tempéré. Une pièce trop chaude, trop humide ou trop confinée accélère son usure. Le choix du bon emplacement au moment de l’installation évite de nombreux arrêts liés à la surchauffe, au vieillissement prématuré des composants ou aux mises en sécurité répétées.
Un suivi professionnel périodique pour accompagner le vieillissement naturel
Même si le matériel est fiable, une installation reste un ensemble technique qui évolue dans le temps. Un contrôle professionnel programmé à intervalles réguliers permet de vérifier la stabilité des valeurs électriques, l’état du câblage, le comportement des chaînes, l’évolution de l’onduleur, mais aussi d’assurer le nettoyage des panneaux et le resserrage des borniers électriques AC et DC. Ce suivi n’intervient pas pour réparer, mais pour s’assurer que l’installation vieillit dans de bonnes conditions et conserve ses performances dans la durée.
Questions fréquentes
Une panne se repère souvent par une baisse soudaine de production, un message d’erreur sur l’onduleur ou l’arrêt complet de l’injection dans le réseau. Si un panneau ne fonctionne plus, l’onduleur affiche généralement une anomalie liée à la chaîne où il se trouve.
Une production nulle provient le plus souvent d’un onduleur en défaut, d’une connexion débranchée ou d’une mise en sécurité liée au réseau électrique. Un panneau seul ne coupe pas l’ensemble : c’est presque toujours l’onduleur ou le câblage principal.
Une baisse progressive de rendement s’explique souvent par un encrassement, une ombre nouvelle, le vieillissement naturel des modules ou une légère anomalie dans le câblage. Avant d’envisager la panne, il est utile de comparer la production actuelle avec celle des précédentes saisons.
C’est rare, mais possible. Une fissure interne, un choc violent ou un défaut dans la boîte de jonction peuvent arrêter un module. Dans ce cas, le panneau doit être remplacé, souvent sous garantie constructeur.
On ne réinitialise pas un panneau solaire lui-même, mais l’onduleur qui gère l’installation. Pour le redémarrer, il faut suivre l’ordre indiqué par le fabricant : couper l’alimentation AC, puis l’alimentation DC, attendre quelques secondes, puis remettre dans l’ordre inverse. En cas de doute, mieux vaut contacter un professionnel.



