En 2026, les impôts et taxes des panneaux solaires connaissent un tournant majeur. Si l’adoption des panneaux solaires continue de croître pour faire face à l’augmentation des prix de l’électricité (+19% annoncés en 2026), les règles fiscales ont changé.
Fin de la TVA à 10 % systématique, nouvelles conditions pour le taux à 5,5 %, exonérations maintenues… Il est important de comprendre ce nouveau cadre pour optimiser la rentabilité de votre installation solaire.
Dans cet article, nous décryptons tout ce qui change pour votre déclaration d’impôts, la TVA et les taxes locales en 2026 concernant vos panneaux solaires.
Les informations à retenir :
Réforme de la TVA : Le taux intermédiaire de 10 % a disparu au 1er janvier 2026. Désormais, c’est soit 5,5 % (sous conditions strictes de pilotage et d’empreinte carbone), soit 20 % pour la majorité des autres projets.
Exonération d’impôt sur le revenu : Elle est maintenue pour les particuliers dont l’installation ne dépasse pas 3 kWc.
Fiscalité au-delà de 3 kWc : Les revenus sont imposés au régime micro-BIC (abattement de 71 %) ou au réel, avec des prélèvements sociaux à 17,2 %.
Taxe foncière : L’exonération reste en vigueur pour les installations domestiques (≤ 3 kWc).
Obligations déclaratives : Même exonéré d’impôt, vous devez déclarer vos revenus (formulaire 2042C Pro) si vous vendez du surplus.
Incitations fiscales pour les panneaux solaires en 2026
C’est la grande nouveauté de cette année. L’ancien taux de TVA à 10 %, qui s’appliquait automatiquement aux installations solaires inférieures à 3 kWc, a été supprimé pour les nouveaux devis signés à partir du 1er janvier 2026.
Désormais, deux taux de TVA s’appliquent selon la nature de l’installation solaire :
Le taux réduit à 5,5 %
Pour bénéficier de ce taux, votre installation photovoltaïque doit respecter trois critères cummulés :
Une puissance installée inférieure ou égale à 9 kWc.
Des panneaux solaires bas carbone (empreinte < 530 kgCO2eq/kWc).
La présence d’un système de gestion de l’énergie solaire permettant de piloter l’autoconsommation.
Le taux normal à 20 %
Il devient la norme pour tous les projets qui ne respectent pas les critères pour l’éligibilité à la TVA à 5,5%.
Il s’applique notamment si :
L’installation de panneaux solaires dépasse 9 kWc.
Vous installez des panneaux standards non certifiés « bas carbone ».
Votre maison a moins de 2 ans (neuf).
Vous n’avez pas de système de pilotage intelligent.
Si le devis a été signé et qu’un acompte a été versé avant le 31 décembre 2025, vous pouvez encore bénéficier de l’ancien taux à 10 %, même si les travaux ont lieu en 2026.
Déclarer ses revenus photovoltaïques aux impôts
La fiscalité sur les revenus générés par la vente de votre électricité (surplus ou totalité) dépend toujours de la puissance de votre installation.
Installations inférieures ou égales à 3 kWc : l'exonération
En 2026, vous ne payez aucun impôt sur les revenus issus de la vente de votre électricité solaire produite si vous respectez ces trois conditions :
La puissance de votre installation est ≤ 3 kWc.
L’installation est raccordée au réseau public en deux points au maximum.
L’activité n’est pas professionnelle (particulier).
Attention : Bien que non imposables, ces revenus doivent parfois être signalés mais ils ne seront pas taxés.
Installations supérieures à 3 kWc : l'imposition
Dès que vous dépassez 3 kWc (par exemple une installation de 6 ou 9 kWc), les revenus issus de la vente à EDF OA sont imposables au titre des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).
Option 1 : Le régime micro-BIC (le plus courant)
Applicable si vos revenus photovoltaïques sont inférieurs à 77 700 € par an.
Avantage : Vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire de 71 %. Vous n’êtes imposé que sur les 29 % restants.
Exemple : Pour 1 000 € de vente d’électricité, seuls 290 € sont ajoutés à votre revenu imposable global.
Prélèvements sociaux : Vous devrez également vous acquitter des prélèvements sociaux (CSG/CRDS) à hauteur de 17,2 % sur ces 29 %.
Option 2 : Le régime réel simplifié
Obligatoire au-delà de 77 700 € de revenus (très rare pour un particulier) ou sur option.
Il permet de déduire vos charges réelles (amortissement du matériel, intérêts d’emprunt, etc.) mais impose une gestion comptable plus lourde.
Taxe foncière et autres taxes locales
Exonération de taxe foncière
Bonne nouvelle : l’installation de panneaux solaires ne fait pas augmenter votre taxe foncière si :
La puissance est inférieure ou égale à 3 kWc.
Vous êtes un particulier (usage non professionnel).
Si votre installation de panneaux solaires dépasse ce seuil ou si vous êtes en « vente totale » importante, il est conseillé de se rapprocher de son centre des impôts, bien que les exonérations restent la norme pour le résidentiel.
La TURPE (Tarif d'Utilisation des Réseaux Publics d'Électricité)
C’est la « taxe d’acheminement » payée via votre facture d’électricité. Pour les producteurs, une composante de gestion est souvent déduite directement de votre facture de vente de surplus par EDF OA.
En 2026, la TURPE a connu une revalorisation (TURPE 7), impactant légèrement les coûts de raccordement et de gestion.
Questions fréquentes
Il n’existe pas de « taxe panneau solaire » à payer chaque année pour les particuliers.
Vous ne payez que :
La TVA à l’achat : Elle est de 5,5 % ou 20 % selon les caractéristiques de votre installation.
L’impôt sur le revenu : Uniquement si votre installation dépasse 3 kWc. En dessous, les revenus de la vente d’électricité sont non imposables.
Même si vous bénéficiez d’une exonération fiscale pour les panneaux solaires de moins de 3 kWc, vous devez toujours déclarer les revenus de votre production photovoltaïque.
En revanche, si votre installation est à usage professionnel ou en copropriété, vous ne pouvez pas bénéficier de cette exonération, même si la puissance est inférieure à 3 kWc.
Tout se fait lors de votre déclaration de revenus annuelle (généralement en mai). Vous devrez utiliser le formulaire 2042C Pro.
Pour ≤ 3 kWc (vente surplus) : Rien à remplir dans la section imposable si exonéré.
Pour > 3 kWc : Indiquez le montant brut de vos ventes (sans appliquer l’abattement de 71 %, le fisc le fait automatiquement) dans la case « Revenus imposables > Revenus non professionnels ».
Non, dans la majorité des cas l’installation de panneaux solaires photovoltaïques n’augmente pas la taxe foncière.
Pour les particuliers, l’installation de panneaux solaires n’augmente pas la taxe foncière. Vous bénéficiez d’une exonération totale si votre puissance ne dépasse pas 3 kWc. Au-delà de cette puissance, l’impact reste généralement nul pour une maison individuelle classique.
Vous devez déclarer vos profits sous le régime de la micro-entreprise, un régime fiscal destiné aux non professionnels. Cette déclaration se fait sur le formulaire 2042 C Pro. Assurez-vous de remplir correctement les cases 5KO et 5HY.
Oui, sans hésitation. La rentabilité d’un projet d’installation de panneaux solaires ne dépend pas uniquement de la TVA à l’achat, mais surtout des économies réalisées au quotidien.
Face à la hausse constante du prix de l’énergie, produire votre propre électricité reste le moyen le plus efficace pour réduire vos factures et rentabiliser votre investissement en quelques années, quel que soit le taux de TVA initial.



