RE 2020 : Tout savoir sur la nouvelle réglementation environnementale

La réglementation thermique (RT2012) en place actuellement sera bientôt remplacée par la nouvelle norme RE2020 (Règlementation Environnementale). 

Les critères ne se baseront plus uniquement sur l’aspect thermique des bâtiments mais ils prendront aussi en compte les caractéristiques environnementales du bâti. De nouvelles exigences qui se traduisent par une volonté favoriser les constructions à énergie positives et de diminuer leur impact carbone.  

RE 2020 logo

C'est quoi la RE 2020 ?

La RE 2020 est la réglementation qui régentera les performances environnementales des bâtiments neufs à partir du 1er janvier 2022. Elle a été mise en place pour répondre à trois grands objectifs : 

  • Améliorer la performance énergétique des bâtiments et favoriser la décarbonation de l’énergie
  • Réduire l’impact environnemental des constructions neuves 
  • Assurer un confort optimal pendant les grosses chaleurs d’été

Le contexte de la RE 2020

En signant l’accord de Paris en 2015, la France s’est engagée à diminuer radicalement ses émissions de carbone à l’horizon 2050. Un objectif ambitieux confirmé dans la loi énergie-climat de 2019 qui prévoit la neutralité Carbone en 2050.  Le bâtiment représente plus de 25% des émissions de CO2 et près de 45 % de la consommation d’énergie nationale. Ce secteur est donc au cœur de la transition énergétique.

À la suite de la loi de transition énergétique pour la croissance verte et de la loi portant sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (Elan), la RE 2020 a fait son apparition. 

Les exigences de résultat

La RE2020 se veut ainsi plus exigeante et plus poussée que la RE 2012. Cinq exigences de résultat devront être appliquées :

– L’optimisation de la conception énergétique du bâti indépendamment des systèmes énergétiques mis en œuvre ;
– La limitation de la consommation d’énergie primaire ;
– La limitation de l’impact sur le changement climatique associé à ces consommations ;
– La limitation de l’impact des composants du bâtiment sur le changement climatique ;
– La limitation des situations d’inconfort dans le bâtiment en période estivale.

Les indicateurs RE 2020

Au-delà de ces cinq exigences, les professionnels du bâtiment devront s’accoutumer à de nouveaux indicateurs classés en trois catégories : 

Énergie :
Bbio : Besoins bioclimatiques pour le chauffage, le rafraîchissement et l’éclairage artificiel. 
Cep : Consommation en énergie primaire (kWh/m²)
Cepnr : Consommation en énergie primaire non renouvelable (kWh/m²)

Carbone :
Ic énergie : Impact carbone des consommations d’énergie primaire du bâtiment (Kg CO2/m²)
Ic construction : Impact carbone lié aux matériaux et équipements (Kg CO2/m²)

Confort d’été :
DH : degré heure d’inconfort (°h) ⇨ Intensité et durée des périodes d’inconfort dans le bâtiment sur une période d’un an.

RE 2020 application

Initialement prévue pour janvier 2020, la RE 2020 a été repoussée d’un an puis décalée en juillet 2021, notamment à cause de la crise sanitaire mais aussi du retard prise par la phase de concertations.  Le calendrier a encore évolué avec un report à janvier 2022 annoncé par le gouvernement. (Le décret est paru le 29 juillet 2021). Un délai rallongé qui a permis aux professionnels de la construction de s’adapter à ces nouvelles normes.

Une expérimentation nommée énergie positive / réduction carbone (E+C-) avait été mise en place en novembre 2016 afin de tester en réel les différentes hypothèses à prendre en compte dans le cadre de la future RE 2020.

Plusieurs paliers sont à prévoir avec un renforcement progressif dans les années à venir : 

  • À partir du 1er janvier 2022 pour la construction  bâtiments d’habitation ou parties de bâtiments d’habitation
  • À partir du 1er juillet 2022 pour les bureaux et bâtiments d’enseignement primaire et secondaire (extensions comprises) 
  • À partir du 1er janvier 2023 pour les extensions des bâtiments cités juste au-dessus ainsi qu’aux bâtiments provisoires.
  •  

Les échéances des seuils d’émission carbone ont, elles aussi, été décalées au 1er janvier 2025, 2028 et 2031, avait annoncé la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon.

Améliorer la performance énergétique

L’un des enjeux majeurs de la RE 2020 est de maîtriser la consommation des énergies fossiles. Comme la RT 2012, cinq usages sont pris en compte : le chauffage ; le refroidissement, l’éclairage, la production d’eau chaude sanitaire et les auxiliaires (pompes et ventilateurs). La RE 2020 ajoute encore d’autres usages comme les appareils ménagers, les appareils électroménagers, la mobilité des occupants du bâtiment ou encore les parkings. 

Maisons passives et positives

Si actuellement, la RT 2012 impose un plafond de 50 kWh/m²/an dépense énergétique, la RE 2020 impose désormais une dépense énergétique inférieure à 0kWh/m²/an.  

Ainsi, le concept de BEPOS (bâtiment à énergie positive) va se démocratiser. Le bâtiment devra produire plus d’énergie qu’il n’en consomme.

Sur les mêmes principes que la maison passive, le bâtiment à énergie positive inclue d’autres facteurs comme une isolation thermique renforcée, des fenêtres de haute qualité, une captation de l’énergie solaire de façon passive ou encore la limitation des consommations énergétiques des appareils ménagers.

Aussi, la consommation totale d’énergie devra être inférieure à 100 kWh/m², soit deux fois moins que dans la RT2012.

maison autoconsommation

Sobriété énergétique

La sobriété énergétique est un point clé de la RE 2020. Elle passera notamment par le besoin bioclimatique (Bbio), un indicateur sur les besoins énergétiques. « Il traduit les besoins en énergie d’un bâtiment pour rester à une température confortable, en fonction de la qualité de son isolation et de sa conception générale (orientation, logement traversant ou non…). Par rapport aux exigences de la RT 2012, le seuil maximal pour le besoin bioclimatique sera abaissé de 30 % pour tous les logements individuels et collectifs », avait déclaré Barbara Pompili, Ministre de la Transition écologique

Vers des constructions bas-carbone

Les logements individuels ne devront pas dépasser un plafond d’émission de dioxyde de carbone pour la consommation d’énergie, de 4 kilos de CO2 par mètre carré et par an et de 14 kg CO2eq/m²/an puis 6 kgCO2eq/m²/an d’ici 2028 pour les logements collectifs. 

Les nouveaux plafonds de CO2 auront pour conséquence à terme, la fin du chauffage au gaz et au fioul, pour laisser place aux pompes à chaleur, aux chauffages à granulés de bois et surtout à l’électrique.

Les nouvelles règles de la RE 2020 seront petit à petit plus exigeantes dans le temps :

2024 : -15 % d’émission carbone
2027 : -25 % d’émission carbone
2030 : -30 à 40 % d’émission carbone

L'Analyse du cyle de vie du bâtiment

La performance d’un bâtiment ne sera plus uniquement mesurée dans sa phase d’exploitation mais prendra en compte toutes les étapes de sa vie depuis l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie du bâtiment. C’est ce que l’on appelle l’Analyse du Cycle de vie (ACV). 

Dans le cadre de la RE 2020, il sera dynamique. Contrairement à une étude statique, on considère que le poids des émissions est plus important au moment de la construction et diminue tout au long du cycle de vie. La notion d’urgence est ici mise avant pour réduire les émissions dites immédiates.

Il sera indispensable pour tout nouveau projet de construction. 

On retrouve 7 étapes dans l’ACV

  1. L’extraction des matières premières
  2. La fabrication des matériaux et des produits 
  3. Le transport
  4. La mise en œuvre du bâtiment
  5.  L’exploitation
  6. La rénovation et la réhabilitation
  7. La destruction

L'utilisation des matériaux biosourcés

Les matériaux biosourcés vont jouer un rôle important et apparaissent comme une solution inévitable pour la réduction des émissions carbone. Pour être considérés comme biosourcés, ils doivent être produits avec de la matière organique renouvelable d’origine végétale ou animale.

Le bois, le parquet, le bardage et le lambris, les isolants comme le liège, le chanvre, les fibres de bois et la cellulose seront largement sollicités par la RE 2020. 

Des matériaux privilégiés notamment grâce à leurs performances environnementales : ils sont renouvelables, disponibles localement..

bois

Une source d'énergies renouvelables

C’est une évidence mais pour valoriser des bâtiments à haute performance énergétique tout en ayant de faibles émissions carbones, le recours aux énergies renouvelables sera largement favorisé pour abandonner progressivement les énergies fossiles.

On pense notamment à l’installation de panneaux solaires photovoltaïques pour produire de l’électricité, aux capteurs solaires thermiques, ou encore chaudière à bois, l’objectif est de proposer aux occupants des équipements fiables qui répondent à leurs besoins tout en respectant l’environnement et la maîtrise de leurs consommations.

Comme le montre ce nouvel indicateur, le Cepnr qui informe sur la consommation d’énergie primaire non-renouvelable du bâtiment. Il s’agira d’un coefficient soumis à un plafond à ne pas dépasser. 

Améliorer le confort d'été

 

Les épisodes de canicule et les vagues de chaleur s’intensifient au fil des années, ce qui a engendré l’arrivée d’un nouveau besoin bioclimatique : le besoin de rafraichissement. 

Ce besoin sera traduit par un nouvel indicateur exprimé en degré par heure : DH, calculé au moment de la conception même du bâtiment.

Il existe deux seuils : 

Le premier, le plus bas, sera fixé à 350 DH. En dessous de ce palier, le bâtiment est jugé confortable. S’il dépasse ce seuil, il faudra alors trouver des  ajustements de ventilation ou de climatisation. L’exigence confort ne sera pas respectée.

La RE 2020 fixera ensuite un seuil haut maximal de 1250 DH qu’il ne faudra surtout pas dépasser. Un plafond qui correspondrait à une période de 25 jours durant laquelle le logement serait à 30°C le jour et 28°C la nuit.

Cette approche vient remplacer la TIC (Température Intérieure Conventionnelle) adoptée lors de la réglementation thermique 2012.

Pour accompagner la RE2020, un label réglementaire va être mis en place. Le gouvernement a missionné Philippe Pelletier, président du Plan Bâtiment Durable, pour l’élaboration de ce label. Il devrait entrer en vigueur d’ici la fin de l’année 2022.

Il aura pour objectif de mettre en avant les bâtiments qui anticipent les différentes exigences de la RE 2020.

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Audrey Deschamps
Audrey Deschamps
Ancienne journaliste (depuis 2012), j'ai rejoins l'équipe de FHE France en tant qu'assistante marketing et communication. Je gère au quotidien les relations presses et la rédactions d'articles afin de faire connaitre les produits FHE France et l'autoconsommation solaire intelligente au grand public.

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